Art numérique

Henry Miller

New article in the Huffington Post
Henry Miller, Watercolorist
by Arthur Hoyle, author of ‘The Unknown Henry Miller: A Seeker in Big Sur

Ecrivain américain, 1891-1980

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Henry Miller - Sarasota

Henry Miller – Sarasota

 

L’œuvre de Henry Miller est marqué par des romans largement autobiographiques, dont le ton cru et sensuel a suscité une série de controverses dans l’Amérique puritaine dont il voulait stigmatiser l’hypocrisie morale. Son écriture virulente et scandaleuse a profondément marqué les écrivains de la Beat Generation.

Ce grand conteur de la sexualité et de l’érotisme aimait à penser qu’en lui « le diable écrit mais l’ange peint. » Celui pour qui la peinture fut une véritable passion n’hésitait pas à affirmer : « to paint is to love again. » Véritables synthèses de toute la peinture de la première moitié du XXème siècle (on pensera à Klee, Chagall, Dufy, etc.), ces œuvres nous révèlent qu’une tendresse pour l’humanité et un optimisme allègre habitaient cet immense écrivain.

Les dessins automatiques et les aquarelles où se lit une véritable jouissance créative nous font pénétrer dans l’univers visuel bouillonnant d’un des plus grands génies de notre siècle.

Miller-Brooklyn boy

Henry Miller – Just a Brooklyn Boy

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« Pour Miller, peindre c’est naître, c’est vivre cette innocence primordiale de l’enfant qui découvre le monde. Néanmoins sa peinture, à la gaieté du coloris près, est à l’opposée des dessins d’enfants. Même si le romancier avoue ne pas savoir dessiner, sa peinture est savante (…) son œuvre pictural est une synthèse de toute la peinture de la première moitié du XXème siècle. En effet, il faut bien dire ou avouer que l’on y trouve un résumé de l’art de Klee, de Hans Reichel, de George Grosz, de Nolde pour l’Allemagne ; de Chagall, Rouault, Léger, Dufy, Matisse, Picasso, Pascin, pour l’école de Paris ; de Georgia O’Keefe et de John Marin pour les Etats-Unis. Reste que cet amalgame constitue un œuvre étonnamment  personnel autant que celui d’un « peintre-témoin de son époque » – tout comme l’écriture annonce une mutation de la sensibilité et de la sexualité occidentales. »

« Les éléments figuratifs hétérogènes, amalgamés comme dans un rêve, mais plastiquement reliés entre eux par des passages, des reflets, des transparences, se réduisent le plus souvent à quelques espèces végétales, objectales ou animales : personnages, maisons, fleurs, poissons, oiseaux, quadrupèdes, bateaux à voiles. Mais c’est la figure humaine qui occupe la première place. Ces sujets offrent, d’une aquarelle à l’autre, des variantes mais paraissent provenir d’une sorte de matrice, de moule commun. A ces formes qui lui tiennent lieu d’alphabet graphique, Miller mêle des signes qui sont aussi des symboles, telles l’échelle, l’étoile de David, la lune (pleine ou en croissant). Ces signes récurrents sont une sorte de leitmotiv. »

« Que représente pour lui la peinture et comment justifie-t-il ses activités de peintre ? “Quand je peins je me sens bien. Et si cela me rend heureux, il y a bien des chances pour que cela rende aussi les autres heureux.” Et le voici qui se montre à nous, dans l’acte de peindre : “Je ne sais plus ce que je fais ni où je suis… J’ai deux pinceaux dans une main et trois dans l’autre et je n’arrête pas de chanter, de danser, de me balancer, de tituber, de fredonner, de jurer, de crier…” En un mot comme en cent, Miller peint parce que ça lui plaît, parce que l’acte de peindre s’oppose à l’acte d’écrire comme le bonheur à l’angoisse. »

(Extraits du texte Le Sourire au bout du pinceau de Françoise Py, critique d’art)

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Henry Miller - PeintureHenry Miller – Hawaiian Serenade