Denise Ferrier – Peinture et dessin

Exposition du 17 au 23 octobre 2010
Commissariat d’exposition : Patrice Spadoni

Vernissage le samedi 16 octobre 2010

www.deniseferrier.fr

Denise FERRIER est née le 2 octobre 1920 à Vichy.

Son père, ouvrier typographe puis comptable, pratique la peinture en amateur. Il initie sa fille, ensuite formée par Paul DEVAUX, artiste local, graveur sur bois. « Ne pouvant plus rien lui apprendre », il l’incite à « monter à la capitale ». Ce qu’elle fait dès 1945 avec l’espoir de devenir peintre.

À Paris, elle suit l’enseignement de Jean SOUVERBI, peintre néo-cubiste, puis fréquente l’Académie Frochot. Elle y rencontre Jean SPADONI, peintre. Ils emménagent dans l’atelier de peintre et de tailleur pour hommes que loue celui-ci dans une arrière-cour de la Cité des Fleurs, quartier des Épinettes, dans le 17ème arrondissement. En 1953 naîtra leur fils, Patrice SPADONI, qui deviendra réalisateur.

Sans titre – Années 60, 40 X 80 cm. Huile sur toile © Patrice Spadoni

Dès sa jeunesse Denise FERRIER s’engage, seule, dans une voie non-figurative, sans connaître alors l’existence de l’art abstrait. Elle poursuivra avec constance cette recherche, sans se rattacher à aucune école, dans une totale indépendance.

Dans les années cinquante son art connaît une première époque de maturité, avec des œuvres marquées par des formes nettement dessinées, des compositions rigoureuses, des harmonies colorées très étudiées. Son travail est reconnu par des peintres tels qu’Auguste HERBIN, puis plus tard Henri GOETZ. Cependant à cette époque il est très difficile pour une femme peintre de se faire reconnaître.

Elle participe à plusieurs expositions collectives, le SALON D’AUTOMNE en 1947 puis de 1949 à 1955 à celles des RÉALITÉS NOUVELLES alors organisées au Musée d’Art Moderne de Paris. Jean CASSOU, directeur du Musée national d’art moderne, remarque ses peintures et manifeste l’intention d’en acquérir pour la collection du Musée. Mal conseillée, elle ne saura pas donner suite à cette ouverture.

Sans titre 1972 – 41 x 27 cm. Huile sur panneau entoilé © Patrice Spadoni

Puis les nécessités de la vie vont se faire de plus en plus pesantes. Jean SPADONI décède en 1957. Denise FERRIER doit élever leur fils seule, dans une réelle misère. Elle devient couturière puis lettreuse et coloriste pour des bandes dessinées telles que Les Pieds Nickelés ou Bibi Fricotin. Malgré tout Denise FERRIER va poursuivre inlassablement son travail de peintre et de dessinatrice, et cela dans une solitude et une invisibilité presque totale, jusque dans les années 2000.

Progressivement son art va s’éloigner des formes géométriques des années cinquante, sans jamais abandonner l’affirmation d’une ligne ferme, continue, mobile, et un goût pour le mouvement des formes et des couleurs animant des compositions vivantes, musicales.

En 1985, la Retraite libère son temps, ouvrant une nouvelle période d’intense création artistique.

Une exposition personnelle présentera son œuvre au public à la galerie DOROTHY’S GALLERY en octobre 2010, accompagnée par un film réalisé par son fils Patrice SPADONI.

– Expositions :

Salon d’Automne 1947

Salon des Réalités nouvelles de 1949 à 1955

Exposition personnelle Dorothy’s Gallery 2010

Vue de l’exposition
Vue de l’expositon

Dorothy’s gallery
27, rue Keller 75 011 Paris
Métro Bastille / Voltaire
Tous les jours / 12h – 19h

Henry Miller

New article in the Huffington Post
Henry Miller, Watercolorist
by Arthur Hoyle, author of ‘The Unknown Henry Miller: A Seeker in Big Sur

Ecrivain américain, 1891-1980

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Henry Miller - Sarasota

Henry Miller – Sarasota

 

L’œuvre de Henry Miller est marqué par des romans largement autobiographiques, dont le ton cru et sensuel a suscité une série de controverses dans l’Amérique puritaine dont il voulait stigmatiser l’hypocrisie morale. Son écriture virulente et scandaleuse a profondément marqué les écrivains de la Beat Generation.

Ce grand conteur de la sexualité et de l’érotisme aimait à penser qu’en lui « le diable écrit mais l’ange peint. » Celui pour qui la peinture fut une véritable passion n’hésitait pas à affirmer : « to paint is to love again. » Véritables synthèses de toute la peinture de la première moitié du XXème siècle (on pensera à Klee, Chagall, Dufy, etc.), ces œuvres nous révèlent qu’une tendresse pour l’humanité et un optimisme allègre habitaient cet immense écrivain.

Les dessins automatiques et les aquarelles où se lit une véritable jouissance créative nous font pénétrer dans l’univers visuel bouillonnant d’un des plus grands génies de notre siècle.

Miller-Brooklyn boy

Henry Miller – Just a Brooklyn Boy

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« Pour Miller, peindre c’est naître, c’est vivre cette innocence primordiale de l’enfant qui découvre le monde. Néanmoins sa peinture, à la gaieté du coloris près, est à l’opposée des dessins d’enfants. Même si le romancier avoue ne pas savoir dessiner, sa peinture est savante (…) son œuvre pictural est une synthèse de toute la peinture de la première moitié du XXème siècle. En effet, il faut bien dire ou avouer que l’on y trouve un résumé de l’art de Klee, de Hans Reichel, de George Grosz, de Nolde pour l’Allemagne ; de Chagall, Rouault, Léger, Dufy, Matisse, Picasso, Pascin, pour l’école de Paris ; de Georgia O’Keefe et de John Marin pour les Etats-Unis. Reste que cet amalgame constitue un œuvre étonnamment  personnel autant que celui d’un « peintre-témoin de son époque » – tout comme l’écriture annonce une mutation de la sensibilité et de la sexualité occidentales. »

« Les éléments figuratifs hétérogènes, amalgamés comme dans un rêve, mais plastiquement reliés entre eux par des passages, des reflets, des transparences, se réduisent le plus souvent à quelques espèces végétales, objectales ou animales : personnages, maisons, fleurs, poissons, oiseaux, quadrupèdes, bateaux à voiles. Mais c’est la figure humaine qui occupe la première place. Ces sujets offrent, d’une aquarelle à l’autre, des variantes mais paraissent provenir d’une sorte de matrice, de moule commun. A ces formes qui lui tiennent lieu d’alphabet graphique, Miller mêle des signes qui sont aussi des symboles, telles l’échelle, l’étoile de David, la lune (pleine ou en croissant). Ces signes récurrents sont une sorte de leitmotiv. »

« Que représente pour lui la peinture et comment justifie-t-il ses activités de peintre ? “Quand je peins je me sens bien. Et si cela me rend heureux, il y a bien des chances pour que cela rende aussi les autres heureux.” Et le voici qui se montre à nous, dans l’acte de peindre : “Je ne sais plus ce que je fais ni où je suis… J’ai deux pinceaux dans une main et trois dans l’autre et je n’arrête pas de chanter, de danser, de me balancer, de tituber, de fredonner, de jurer, de crier…” En un mot comme en cent, Miller peint parce que ça lui plaît, parce que l’acte de peindre s’oppose à l’acte d’écrire comme le bonheur à l’angoisse. »

(Extraits du texte Le Sourire au bout du pinceau de Françoise Py, critique d’art)

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Henry Miller - PeintureHenry Miller – Hawaiian Serenade